Rendre plus scientifique l’approche de la souffrance psychique ?

« Il existe une distance considérable entre les observations neurobiologiques et les conclusions abusives tirées par les médias. (…) Un examen attentif montre que les neurobiologistes contribuent à cette déformation du message puisqu’elle apparaît tout d’abord au sein même de nombreux articles scientifiques. »
« Le public, y compris les médecins et les politiques, entend parler de ces découvertes initiales spectaculaires, mais n’est pas informé qu’elles sont souvent invalidées ultérieurement. »
« Plusieurs auteurs américains ont dénoncé l’influence de l’industrie pharmaceutique dans la médicalisation excessive de la souffrance psychique. »
« On peut formuler une hypothèse : l’intensité de la médicalisation des troubles psychiques pourrait dépendre aussi du type de démocratie. »
« Julio Licinio, le rédacteur en chef de l’importante revue Molecular Psychiatry, s’inquiétait du contraste entre une recherche en neurosciences en pleine expansion et la dégradation de l’offre de soin en santé mentale aux États-Unis. »

« Les promoteurs d’une neurobiologie réductionniste affirment la supériorité de leur approche parce qu’elle serait plus scientifique. Je conteste cette prétention car la psychologie et la sociologie, si elles sont moins objectives, n’en sont pas moins rationnelles. Quant à leur pertinence vis-à-vis des maladies mentales et de la souffrance psychique, la comparaison avec la neurobiologie ne penche guère pour l’instant en faveur de cette dernière. »

« Je plaide donc (…) pour une démédicalisation de la souffrance psychique. »

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