samedi 20 mars 2021 Plus besoin du psychiatre pour aller chez le psychologue

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Les Suisses sont satisfaits, semble t il, de cette avancée : le remboursement des prestations des psychologues mais sous prescription médicale sans avoir besoin d’aller voir un psychiatre. Position des représentants de la profession
En France, nous demandons un accès direct aux psychologues et une prise en charge des prestations psychologiques indépendante d’une prescription médicale tout simplement car c’est un non sens. En effet quand on connait la différence des formations des psychologues et des médecins, qu’il y ait une complémentarité des prestations, cela est évident mais assujettir une discipline à une autre sans arguments ne se comprend que dans une lutte de territoire, qui échappe à la médecine et en particulier aux psychiatres, l’activité psychique et langagière, dont la référence première est détenue par les psychologues formés en sciences humaines de du langage qui pratiquent les soins psychiques, les psychothérapies.
En France, le psychologue n’est, de plus pas un auxiliaire médical ni paramédical, et sa profession est encore moins une profession de santé au sens juridique ce qui justifierait éventuellement une prescription médicale pour sa pratique.

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Bonne nouvelle pour les personnes atteintes de troubles psychiques. Elles auront plus facilement et rapidement accès à la psychothérapie. En effet, le Conseil fédéral a décidé vendredi que les psychologues-psychothérapeutes pourront fournir leurs prestations à titre indépendant et sur prescription médicale, ceci dans le cadre de l’assurance de base. En clair : plus besoin de passer comme aujourd’hui par un psychiatre pour pouvoir consulter un psychologue. Il suffira d’une prescription de son médecin de famille. Et les consultations seront prises en charge par la LaMal. Ceci dès le 1er juillet 2022.

Pour rappel, les prestations des psychologues-psychothérapeutes ne sont actuellement remboursées par l’assurance de base que si le ou la thérapeute les fournit sous la surveillance d’un médecin qui l’emploie, la plupart du temps un psychiatre (lire encadré plus bas).

Améliorer la prise en charge
Le gouvernement a adopté ce changement de système, qui passe du « modèle de la délégation » au « modèle de la prescription » dans le but d’améliorer la prise en charge des enfants et des ados ainsi que celle des adultes en situation de crise et d’urgence. Berne relève que près d’un tiers de la population est touché chaque année par une maladie psychique. Il s’agit principalement de dépressions, de troubles de l’anxiété et d’addictions.

Selon le Conseil fédéral, la prescription d’un médecin de famille « facilite et accélère l’accès à la psychothérapie, à la différence du modèle de la délégation, qui nécessitait de consulter au préalable un médecin spécialiste en psychiatrie et en psychothérapie », précise un communiqué. Cette procédure permet ainsi de réduire les thérapies de longue durée et la chronicisation des maladies », estime-t-il.

La profession, qui attendait ce changement depuis longtemps, est ravie. « Il satisfait à une revendication de longue date de la Fédération suisse des psychologues (FSP), de l’Association suisse des psychothérapeutes (ASP) et de l’Association professionnelle suisse de psychologie appliquée (SBAP), font-elles savoir dans un communiqué. Elles avaient notamment déposé une pétition avec près de 100’000 signatures il y a deux ans.

Freiner la hausse des prestations
Parallèlement, le Conseil fédéral veut aussi prévenir une augmentation injustifiée des prestations. Seules les prescriptions de médecins de premier recours ou de médecins spécialistes en psychiatrie ou en psychothérapie seront ainsi autorisées. Une prescription médicale donnera droit à quinze séances de psychothérapie au maximum. À partir de 30 séances, il faudra consulter l’assureur afin de prolonger la thérapie. Dans le cadre d’une situation de crise ou d’une thérapie de courte durée chez les patients atteints de maladies graves, tous les médecins pourront prescrire une fois dix séances au maximum.

Le remboursement de quinze séances au maximum ne satisfait toutefois pas les professionnels qui évoquent « un petit bémol ». « Cela implique de devoir reprendre rendez-vous avec un médecin pour obtenir une 2e prescription pour quinze séances supplémentaires. Cette pratique générera une charge administrative inutile », explique Gabriela Rüttimann, présidente de l’Association suisse des psychothérapeutes (ASP). « Quinze séances suffisent rarement, surtout lorsqu’il s’agit d’enfants ou d’adolescents pour lesquels il est souvent nécessaire de mener des évaluations approfondies auprès de l’entourage. »

Selon les estimations du Conseil fédéral, il en coûtera à l’avenir 100 millions de francs à l’assurance obligatoire de soins pour rembourser des prestations payées aujourd’hui par les patients eux-mêmes. À long terme, l’augmentation prévue des volumes mènera à des surcoûts annuels chiffrés à environ 170 millions de francs.

Un système actuel compliqué
Les prestations des psychologues ne sont actuellement inscrites dans la LAMal que dans une catégorie bien précise : la psychothérapie déléguée, soit celle qui est effectuée par un psychologue-psychothérapeute sous le contrôle et dans le cabinet d’un médecin généraliste (ayant effectué une formation ad hoc) ou d’un psychiatre. Du coup, si un patient veut consulter un psychologue et se faire rembourser ses séances, il doit s’adresser à un psychologue qui travaille en délégation dans le cabinet d’un médecin, le plus souvent un psychiatre. A noter que lorsque le psychologue travaille dans une institution psychiatrique, ses prestations sont remboursées par l’assurance de base, puisqu’il travaille automatiquement en délégation.

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